Alzheimer : les médecines douces

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La maladie d'Alzheimer est une maladie incurable, qui ne peut être guérie par des médicaments. Pour l'heure, les médicaments disponibles exercent une action acétylcholinomimétique ou anticholinestérasique, qui diminue les symptômes, mais dont l'action est jugée modeste par la Haute Autorité de Santé. En revanche, certains symptômes peuvent être soulagés par diverses approches, notamment par les médecines douces.

Bon à savoir : depuis le 1er août 2018, certains médicaments prescrits dans le cadre de la maladie d'Alzheimer, qui étaient remboursés à hauteur de 15 % (Aricept® , Ebixa®, Exelon®, Reminyl® et leurs génériques), ne sont plus pris en charge (arrêté du 29 mai 2018).

Alzheimer et médecines douces : prise en charge non médicamenteuse

Étant donné qu'il n'existe pas vraiment de médicament efficace contre la maladie d'Alzheimer, la prise en charge non médicamenteuse est aussi importante que le traitement pharmacologique, sinon plus.

Elle permet de freiner la progression de la maladie et d'améliorer la qualité de vie du malade et de ses proches, en apaisant les troubles du comportement, qui sont souvent difficiles à gérer pour la famille.

En outre, certains traitements naturels semblent avoir un effet bénéfique sur la mémoire et sur les fonctions cognitives, et ils peuvent être donnés sans risque au malade.

Bon à savoir : la méditation a un effet positif sur le vieillissement cérébral en permettant une réduction du stress, de l'anxiété, des émotions négatives et des problèmes de sommeil (des facteurs de risque connus de la maladie d'Alzheimer). Une étude a en effet montré que les régions cérébrales avec un plus grand volume ou métabolisme chez les personnes pratiquant la méditation sont spécifiquement celles qui déclinent le plus avec l'âge.

Alzheimer et médecines douces : l'art-thérapie, pour atténuer les troubles

L'art-thérapie est une médecine douce qui consiste à utiliser des activités artistiques (dessin, poterie, musique) comme moyen d'expression des émotions, parmi lesquels l'anxiété, qui affecte de nombreux malades Alzheimer.

Contre la maladie d'Alzheimer, la musicothérapie, qui fait appel à la musique et à la chanson, a également un effet très positif sur le comportement des malades. Elle permet de travailler le souffle et la mémoire, d'éveiller des émotions et de stimuler le malade.

Dans un récent rapport, le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe souligne que les arts jouent un rôle majeur dans le cadre de la prévention des problèmes de santé, de la promotion de la santé et de la prise en charge et du traitement des maladies tout au long de la vie. Il précise également comment les activités artistiques peuvent être bénéfiques pour la santé physique et mentale (le yoga et la danse à raison de 10 minutes par jour montrent déjà des bénéfices).

Remarque : la musicothérapie est souvent utilisée en atelier mémoire, en accueil de jour ou dans les maisons de retraite médicalisées.

Alzheimer et médecines douces : les produits naturels

Certains produits de phytothérapie (santé par les plantes) ont un effet positif sur les fonctions cognitives et ont fait leurs preuves chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer au stade léger.

Voici les principaux :

  • Ginkgo biloba : stimule la mémoire des personnes âgées(source: National Center for Biotechnology Information). Attention cependant, le Ginkgo biloba n’aurait pas d’efficacité démontrée et il exposerait les patients à des hémorragies, des troubles digestifs ou cutanés, des convulsions et des réactions d’hypersensibilité selon la revue Prescrire.
  • Huperzine : plante chinoise dont les propriétés sont similaires à celles des inhibiteurs de la cholestérase, médicaments utilisés contre la maladie d'Alzheimer.
  • Myrtille : aide à préserver les capacités cérébrales ; à raison d'une dose quotidienne de poudre de myrtille équivalant à une tasse de fruits frais pendant 4 mois, des personnes présentant des déficiences mentales légères ont vu leur mémoire, leur capacité d'élocution et leur aptitude à manipuler des idées abstraites s'améliorer.
  • Safran : ses effets bénéfiques ont été confirmés dans divers modèles expérimentaux de la maladie d’Alzheimer. Ils ont mis en avant de meilleures capacités d’apprentissage et de mémorisation ainsi qu’une diminution de la perte des neurones dans le cerveau, en particulier dans l’hippocampe.
  • On peut aussi utiliser un dentifrice naturel (à base de camomille, d'hamamélis, de sauge ou encore un dentifrice au Ratanhia) qui participe à la santé des gencives. En effet, il a été montré qu'une mauvaise hygiène buccale, et plus particulièrement les gingivites et les parodontites, était liée à la maladie d'Alzheimer et qu'elle entraînait une dégénérescence plus rapide des patients au stade léger.
  • La coenzyme Q10 : en tant qu’élément indispensable à la respiration cellulaire, elle est aussi impliquée dans le bon fonctionnement des cellules nerveuses (de faibles niveaux en CoQ10 sont largement associés aux principales maladies neurodégénératives comme Alzheimer). De plus, la prise quotidienne de CoQ10 améliore la maladie parodontale (voir ci-dessus). Une prise de 90 à 2 000 mg/jour sur une période prolongée est conseillée en complément des thérapies classiques.
  • L’Hericium erinaceus (le champignon crinière de lion, communément appelé « houtou » ou « shishigashira » en Chine) qui améliore la fonction cognitive des patients atteints de la maladie d’Alzheimer de premier stade mais aussi la sensibilité aux contrastes (syndrome de Benson) à raison de trois capsules (350 mg) par jour de mycélium de H. erinaceus enrichi en érinacine A.
  • Le CBD (cannabidiol) : substance (légale) issue du chanvre (Cannabis sativa) qui agit sur les récepteurs de la dopamine et de la sérotonine. Elle ralentirait l'évolution de la maladie et améliore les performances cognitives et la mobilité. On utilise l'huile de CBD à 10 % à raison de trois fois trois gouttes par jour (avec possibilité d'augmenter progressivement la dose) à garder une minute sous la langue avant de l'avaler.
  • Du point de vue des vitamines et des antioxydants, il faut impérativement éviter les carences en vitamines A, E et C, ainsi qu’en zinc, en cuivre et en sélénium.
  • Bien qu'il ne s'agisse pas de plantes à proprement parler, citons ici les probiotiques (le Lactobacillus rhamnosus et surtout le Bifidobacterium longum) qui, après trois mois de traitement, amélioreraient les capacités cognitives de patients souffrant d’Alzheimer (source : « Effects of probiotic supplements on cognition, anxiety, and physical activity in subjects with mild and moderate Alzheimer’s disease: A randomized, double-blind, and placebo-controlled study », Front Aging Neurosci, octobre 2022).
  • Le protocole Cognixtra montre l'efficacité d'une triple supplémentation sur la perte de cognition, l’évolution de la maladie d’Alzheimer et la protection contre cette même maladie, il repose sur une supplémentation.

Bon à savoir : la photobiomodulation est une technique qui prouve les effets bénéfiques de la lumière infrarouge lorsqu’elle est appliquée sur le crâne et sur l'abdomen. C’est un soin qui n’est ni compliqué ni douloureux et d'une remarquable efficacité.

Alzheimer et médecines douces : l'efficacité de l'aromathérapie

On peut utiliser les huiles essentielles (HE) contre l'Alzheimer en complément des traitements conventionnels afin de ralentir le développement de la maladie (renforcer l'action des acétylcholinomimétiques, exercer un rôle antioxydant et anti-inflammatoire, stimuler au quotidien, notamment au niveau neuronal).

Les HE contribuent aussi à améliorer les conditions de vie du malade en diminuant le stress (ce qui se traduit notamment par un sommeil de meilleure qualité, avec un retentissement aussi bien chez les malades que chez les accompagnants) et en soulageant les douleurs en cas de besoin.

Concrètement, de nombreuses huiles essentielles peuvent être utilisées.

Anxiété, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration

Huiles essentielles conseillées :

  • Bergamotier (Citrus aurantium ssp bergamia)
  • Camphrier (Cinnamomum camphora)
  • Coriandre (Coriandrum sativum)
  • Lavande fine (Lavandula angustifolia)
  • Petit grain bigarade (Citrus aurantium ssp amara)

Mode d'utilisation :

  • En diffusion atmosphérique.
  • Par voie cutanée (diluées à 5 % dans une huile végétale) au niveau des paumes, des plantes des pieds, des avant-bras ou du dos.
  • En bain aromatique (les huiles essentielles sont dans ce cas diluées dans une base neutre, pour qu'elles puissent se disperser dans l'eau du bain).

À noter : ces huiles essentielles exercent également une action anticholinestérasique.

Dépression et anxiété, difficultés à trouver le sommeil

Huiles essentielles conseillées :

  • Lemon-grass (Cymbopogon citratus)
  • Litsée citronnée (Litsea citrata)
  • Mélisse officinale (Melissa officinalis)
  • Verveine citronnée (Lippia citriodora)

Mode d'utilisation :

  • En diffusion atmosphérique en mélange avec une huile essentielle douce (par exemple des huiles essentielles d'agrumes : citronnier, mandarinier, oranger, pamplemoussier).
  • Par voie cutanée, diluée, au niveau des paumes, des plantes des pieds, des avant-bras ou du dos.

À noter : ces huiles essentielles exercent également une action anticholinestérasique.

Forte anxiété et crises d'angoisse, troubles du sommeil

Huiles essentielles conseillées : Camomille romaine (Chamæmelum nobile)

Mode d'utilisation : par voie cutanée, diluée, au niveau des paumes, des plantes des pieds, des poignets ou du dos.

Anxiété et agitation

Huiles essentielles conseillées :

  • Aneth (Anethum gaveolens)
  • Bergamotier (Citrus aurantium ssp bergamia)
  • Carvi (Carum carvi)
  • Citronnier (Citrus limon)
  • Mandarinier (Citrus reticulata)
  • Oranger amer (Citrus aurantium ssp amara) et doux (Citrus sinensis)
  • Pamplemoussier (Citrus paradisi)

Mode d'utilisation : en diffusion atmosphérique.

Troubles de la concentration

Huiles essentielles conseillées :

  • Lavande fine (Lavandula angustifolia)
  • Petit grain bigarade (Citrus aurantium ssp amara)

Mode d'utilisation :

  • En diffusion atmosphérique.
  • Par voie cutanée, diluée.

Remarque : un des intérêts de la diffusion atmosphérique est de profiter aussi bien aux malades qu'aux accompagnants, qui sont souvent eux aussi soumis à un stress important.

Alzheimer et médecines douces : le protocole MEND

Instauré chez des personnes présentant un Alzheimer débutant ou à un stade précoce, le protocole MEND permet de faire régresser certains troubles cognitifs.

Ce protocole est à personnaliser, mais son objectif est toujours le même : traiter simultanément tous les facteurs connus susceptibles de favoriser l'Alzheimer en mettant en place une nouvelle hygiène de vie.

Le MEND s'attaque notamment :

  • À l'inflammation et à la résistance à l'insuline, grâce à un régime alimentaire pauvre en glucides, en facteurs inflammatoires (graisses animales par exemple), mais riche en fruits, en légumes et en poissons (chez certaines personnes, le jeûne est également préconisé). Il est supplémenté en compléments alimentaires (vitamines ou oméga-3).
  • Au peptide ß-amyloïde neurotoxique, responsable des plaques séniles (ou plaques amyloïdes).
  • Aux protéines modifiées, qui entraînent la mort des neurones.
  • À la réduction du taux de cortisol (hormone du stress), grâce à des exercices de yoga ou de méditation (20 minutes deux fois par jour).
  • Aux insomnies, en préconisant la prise de mélatonine le soir, de façon à dormir au moins 7 heures chaque nuit.
  • À la dégénérescence cérébrale, à l'aide d'exercices physiques tels que le taï-chi-chuan (30 minutes par jour).
  • À la perte de mémoire, grâce à divers exercices.
  • À la progression de la maladie et au déclin cognitif en proposant des exercices physiques. Des études épidémiologiques ont en effet montré que l’exercice physique ralentissait le développement de la maladie d’Alzheimer. Une récente étude attribue cette protection induite par l'exercice physique à une hormone sécrétée par le muscle : l’irisine.

En tout, le MEND cible 20 objectifs, et les patients doivent être très régulièrement suivis pour évaluer les degrés d'amélioration et ajuster les recommandations et les dosages en fonction.

Bon à savoir : mis en place chez des personnes souffrant d'un Alzheimer débutant, ce protocole permet une nette amélioration cognitive, et parfois même une récupération du volume de l'hippocampe (une structure cérébrale indispensable à la mémorisation, et qui tend à se réduire avec la maladie).

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